Le mot de l'éditeur

 

 


 

le site

 

"littératures brèves"

 

se concentre désormais dans

 

le récit-page

 

  Le concept

En ligne depuis 2013, Littératures brèves, dont le nom indique la vocation, ne contenait pas de précision de brièveté ; mais il est apparu au fur et à mesure, que nos choix se portaient plus volontiers sur des textes qui en quelques lignes allumaient une fulgurance et faisaient entendre des résonances différentes de celles qui se diffusent dans la nouvelle et de celles, souvent brisées, de l'écriture minimale à laquelle la ligne suffit.

Entre les deux, et pour les distinguer, s'est détachée la notion de récit-page, dont le site Littératures brèves a introduit le terme et le concept, et qu'il désignait finalement comme son objectif.

Voici donc ce qui justifie la migration d'un site vers un autre. Avec un nom de domaine propre, le récit-page se donne désormais une province dans le plus vaste territoire du bref.

 

Le récit-page est moins un format qu'un concept et un esprit.

Il marie le littéraire à un espace, qu'on pourra comparer à la toile du peintre dont la valeur se mesure à l'esthétique qui lui est imprimée, ici l'esthétique du langage.

Ni proverbe, ni maxime, ni aphorisme, ni parabole, il n'est ni vrai, ni sage, ni philosophe. Il ne se confond pas avec la fable ni avec les pensées ni avec le contenu crypté dont le haïku oraculaire fait sa spécificité.

Il se lit facilement, mais son écriture est sculptée, tirant sa force moins de l''anecdote que des jeux de signification qui combinent le suggéré, le suggestif, l'évocateur, le détournement, le paradoxal. Mais il ne se confond pas avec les jeux de mots ou les curiosités logiques : l'ingénieux ne suffit pas au littéraire.

S'il aime l'humour, c'est celui du sourire, pas du comique. Largement ouvert à la fantaisie, il ne se confond pas avec la science-fiction ou avec le fantastique, sauf s'ils sont prétexte au littéraire. S'il est poétique, il n'est pas emphatique ou déclamatoire. Il aime la légèreté sans la confondre avec la facilité. Lorsqu'il se doit d'être grave, il ne cherche pas l'effet pathétique et distingue le profond de l'obscur.

Rien en lui demande expansion ou développement, et au contraire la brièveté est la condition même de son efficacité.

 

 

     

 

Une littérature de la modernité ?

 

La tendance est à rapprocher l'essor du bref littéraire de la nécessité de vitesse, voire d'urgence propre à la modernité. On le rapproche aussi des technologies de la rapidité de la communication autrement dit du numérique et de la dématérialisation de l'écrit.

Le fait que le bref précède le numérique et le fait qu'il est le plus souvent présenté en recueils ou en blogs, affaiblissent l'explication qui voudrait associer littérature brève, modernité et économie de temps.

Mais c'est surtout du point de vue de l'auteur qu'un tel rapprochement trébuche, dans la mesure où écrire, signifie, dans le sens littéraire du terme, ciseler une expression, patiemment, souvent longuement. Les fausses notes étant probablement plus audibles dans le bref, le travail de polissage pourrait s'avérer même plus important qu'ailleurs.

Le sentiment que nous affirmons ici, est qu'une esthétique littéraire brève ne peut naître d'aucun empressement ni dans le sillage des nouvelles formes appauvries de l'écriture télégraphique, mais d'une réelle maîtrise de la langue associée à des dispositions littéraires. Et sur cet ensemble, l'éditeur, numérique ou pas, exerce un travail non pas de support mais de veille.

 

 

     
 

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