Notre vocation

 

La littérature brève

par

Alicia Dujovne Ortiz


 

 elle s'énonce simplement:

accueillir les expression très brèves de la littérature brève

 

La petite prose

 

et le récit-page

 

 

Des expressions donc plus brèves que la nouvelle, mais sans donner dans l'écriture minimaliste en quelques mots.

 

Entre les deux, la petite prose, à partir de quelques lignes, aime le cadre que lui donne la page d'où elle ne s'en éloignera pas beaucoup.

 

Pour faire œuvre littéraire, à ce quantitatif on demandera naturellement d'épouser le qualitatif, ne lui imposant qu'une seule règle et ne formulant qu'un seul vœu: que le mariage soit heureux.

 

Voir aussi

 

 

 

Au sein de chaque bon roman on peut trouver une perle, et le reste remplit l'espace, disait Borges Le micro-récit a pour ambition d'être cette perle, sans grand chose autour.

 

Une perle, ou bien une goutte de la vague de Hokusai, détachée de sa houle par un artiste qui nous la donnerait à imaginer, sans la dépeindre.

 

Le micro-récit est en passe de devenir un genre littéraire à part entière dans le monde hispanique. Peut-être s'agit-il d'une réaction face au baroque, dont l'ornement touffu trouve sa source dans une « horreur du vide ». Il pourrait donc provenir, le micro-récit, d'un plaisir du vide, et qui dit plaisir dit sourire : s'il n'est pas toujours drôle, il est souvent gracieux.

 

Est-il léger ? Je ne le pense pas. Mais rien de mieux pour mesurer son poids que de revenir à Borges ; rappelons-nous la pierre minuscule tombée sur notre Terre depuis la planète lointaine de Tlön. Le métal dont cette pierre était faite avait une telle densité qu'il transperçait la chair lorsqu'on le prenait dans la main. On aimerait croire que, de par sa concentration extrême, la brièveté du micro-récit n'est pas sans conséquence.

 

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